Sexe au travail Sex Pistols

sexe au travail Sex Pistols

Date de reprise 13 avril - Version restaurée. Leur voiture en panne, Janet et Brad se réfugient sous une pluie battante dans une mystérieuse maison. Ses occupants se livrent à de bien étranges expériences. Au lieu d'adhérer aux normes de leur ghetto de Los Angeles, un groupe de skaters mexicanos opte pour aller à Beverly Hills séduire les jeunes filles riches en s'attirant les foudres de leurs parents, de la police locale et de leurs petits amis Date de reprise 14 février - Version restaurée.

La tragique histoire et l'amour fou et subversif de Sid Vicious, bassiste des Sex Pistols, et de Nancy, sa provocante groupie. Deux jeunes filles pourtant bien différentes correspondent à cette description. Le destin croise leurs chemins dans un train d'abord, dans un appartement ensuite.

L'une est punk, chanteuse en quête de gloire ; l'autre une jolie rêveuse, distinguée et naïve. Chacune aura énormément à apprendre de l'autre. Ensemble, elles vont cohabiter Après une catastrophe d'ordre mondial, la Terre n'est plus qu'un immense désert et l'eau devient le trésor le plus convoité.

Constitué d'archives Super 8, d'interviews et de vues de Budapest, le film East Punk Memories s'articule autour de la parole de douze anciens punks. A la fin des années 80, ils exprimaient leur colère contre le régime et attendaient avec espoir le changement du système. Après le décès de sa mère, la jeune Corrine Burns se retrouve avec pour unique famille la bande des Fabulous Stains. Totalement inspiré par ce renouveau musical, il crée avec ses amis un label indépendant, "Factory Records", et signe bientôt avec Joy Division Nikolaj a 14 ans et vit une existence idyllique avec son frère et ses parents hippies, Magnus et Lone.

De Lionel Guedj , Stéphane Bébert. Un groupe de surfeurs néo-nazis débarquent sur une plage pour semer la terreur Voici quelqu'un qui peut vous raconter comment toute l'Amérique est pliée dans les back-up vocals de Roadrunner de Jonathan Richman ou comment, en , le monde tétanisé de l'après-Hiroshima, figé dans la peur nucléaire, pouvait s'entendre tout entier dans un single des Orioles, un groupe vocal noir.

C'est pourquoi Greil Marcus était prédestiné pour écrire Lipstick traces, une histoire secrète du vingtième siècle. L'affaire commence le 14 janvier , lors du dernier concert des Sex Pistols.

Dans la salle, Greil Marcus, subissant un choc esthétique sans retour, s'interroge: Et qu'est-ce que l'Histoire, à ce compte-là? L'Histoire telle qu'on l'entend ordinairement en masquerait-elle une autre, parasite, "voyageant comme l'oiseau sur le dos du rhinorécos"? Une fois encore, Greil Marcus entend des voix dans les voix. D'autres qui, en , allèrent hurler dans la cathédrale Notre-Dame que Dieu était mort. D'autres qui, un peu plus tard, toujours à Paris, crurent que le désir, la dérive et la critique sociale pouvaient renverser le monde.

Critique rock, c'est-à-dire au mieux orthophoniste du désir et de la révolte, Greil Marcus ouït que l'Histoire sécrète des voix secrètes. Une Histoire qui, tel un fleuve capricieux, déborde d'ailleurs largement le lit du siècle, résonne jusque dans les hérésies du Moyen Age, jusque dans la Commune de Paris puis, microcosmique, reviendrait tout entière dans les trois minutes d' Anarchy in the UK.

Au début de Lipstick traces , vous semblez vous excuser de comparer Guy Debord et Johnny Rotten, comme si vous étiez vous-même étonné par votre propre audace. C'est plutôt un argumentaire montrant comment une même voix peut être partagée par des gens très différents, des gens qui, à mon sens, ne se reconnaîtraient pas mutuellement pour toutes sortes de raisons.

Mais vous résumez l'humeur de la première partie du livre lorsque vous dites que j'ai l'air étonné par mes propres idées. Car je ne crois pas qu' Anarchy in the UK ne soit qu'une vulgarisation, un fragment d'idée situationniste, ni que ce soit une popularisation de l'attitude dada. Je crois que c'est une réalisation de ces deux traditions, au sens où Anarchy in the UK charrie à la fois une critique situationniste et un geste dada, en allant plus loin encore.

Mais curieusement, nous sommes moins étonnés que vous. Est-ce que quelque chose a changé entre le moment où vous écriviez Lipstick traces et le moment où nous le lisons en français, pour que votre thèse nous paraisse aussi naturelle? Il est possible que la critique exprimée dans ce livre semble familière parce qu'elle a été diffusée. Mais aussi peut-être que vous et moi avons deux visions fort différentes de la culture et que ce qui vous paraît évident, peut-être à juste titre, me semble étrange.

Etrange, mais également merveilleux. En fait, aussi merveilleux qu'étrange, c'est-à-dire le contraire d'un lieu commun. Prenons les trois figures qui ornent la couverture de l'édition française de Lipstick traces: On pourrait imaginer que ces trois-là se soient reconnus mutuellement, comme faisant partie de la même famille. Mais je ne le crois pas. Guy Debord aurait protesté que son travail n'a rien à voir avec Dada. Huelsenbeck, intéressé par le geste pur, ne se serait pas reconnu dans la scolastique de cette critique française.

Mais justement, c'est de ce refus de reconnaissance que naît cette tradition, c'est le fait qu'elle arrive en niant ce qui est arrivé avant et ce qui adviendra après qui constitue son originale beauté. Et ça, ça me paraît encore étrange aujourd'hui.

Disons que je ne me suis toujours pas habitué à l'histoire que raconte ce livre. C'est une tâche difficile de raconter une histoire secrète. N'avez-vous jamais pensé que cette histoire était faite pour le rester?

Non, parce que tous les gens dont je parle ont tout fait, vraiment tenté le diable, et ce de la façon la plus bruyante, brillante et attractive qui soit, pour que leur critique soit entendue. La plupart ont échoué, ou bien n'ont réussi qu'un moment, vite enfui. Et sont ensuite retournés à l'obscurité. Même les situationnistes qui se sont tant appliqués à sembler hermétiques, à n'entrer en contact avec personne, ont dès le départ publié un journal rempli de leurs brillantes critiques et qui se voulait le plus vibrant possible.

Un journal qui inviterait les gens à se dire "Oh! Je n'avais jamais lu d'écrits aussi engagés, où les auteurs prenaient autant de plaisir à formuler leur critique négative. Ce n'était donc pas clandestin, au contraire, ils entendaient séduire.

Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils voulaient être célèbres. Y compris Johnny Rotten. Moi, je le prends très au sérieux quand il dit que tout ce qu'il désire au monde, c'est détruire ce qui l'emmerde, ce qui le dégoûte, ce qui l'insulte. Je pense que c'était son seul but, et je trouve personnellement qu'il l'a bien atteint. C'était vraiment difficile d'entrer en contact avec lui. Je lui ai écrit une fois, lorsque j'ai commencé ce livre.

Un de mes amis a décidé un jour qu'il allait rencontrer Debord. Il avait travaillé avec moi sur l'exposition du Centre Pompidou consacrée aux situationnistes en Comme il parle parfaitement le français, il a hanté Paris jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui connaisse quelqu'un qui puisse l'introduire auprès de Debord. Et très vite, il devint un ami intime de celui-ci. Il lui donna d'ailleurs un exemplaire de mon livre, ce qui fit que Debord, quelque temps après, m'adressa une lettre de commentaires.

Mais, alors que je racontais cela à Michèle Bernstein, la première femme de Guy Debord, elle me dit "Dix-huit mois. Elle me répondit "Dans dix-huit mois, Guy ne parlera plus à votre ami. Pensez-vous que le fait que vous soyez américain vous ait aidé à opérer ce croisement entre punk et situ?

Je ne sais pas. Ce qui se passe, c'est que j'ai toujours écrit sur ce qui me parle, me fascine, ou bien m'irrite. En l'occurrence, je n'ai jamais fait de différence entre la manière dont les Sex Pistols, les dadaïstes ou les situationnistes m'intriguent. Pour moi, c'est toujours la même question: Exiger autant du monde avec des armes aussi poétiques, voilà ce qui m'a fasciné. Renverser le monde avec un poème sans mots, avec une critique que le plus grand nombre ignorera, avec un disque qui fera ricaner, voilà ce qui m'intrigue.

J'ai passé neuf ans sur ce livre: J'ai mis trois ans à écrire la dernière partie, celle qui s'intitule justement Lipstick traces.

Un jour, je n'en pouvais plus et j'ai dit à ma femme "Tu sais, je suis coincé à Paris en Votre but à l'origine n'était donc pas politique: Mon moteur était beaucoup plus simple que ça. Cinq années après la publication de Mystery train , je voulais récrire un autre livre. Le journalisme me frustrait. Donc je me suis dit "Ecris un livre à ce sujet. Mon principal but est devenu d'essayer de comprendre et de suivre la tradition brisée d'un certain type de voix, de rage, d'honnêteté et de délices, qui prend différentes formes.

C'est donc devenu une aventure intellectuelle dont j'espérais parvenir à faire une histoire assez cohérente pour plaire et intéresser. Mais ce n'était certainement pas pour promouvoir tel ou tel discours révolutionnaire. Néanmoins, il y a quelque chose de cette nature quand j'explique qu'il se passe toujours plus de choses qu'il n'y paraît. Des surprises bouillent sous la surface. Et c'est quand les choses paraissent les plus calmes qu'on a le plus de chances de voir resurgir le désir.

Ces moments sont rares et merveilleux. Ils apportent une nouvelle énergie dans la vie, si bien que lorsqu'ils apparaissent, faites attention à eux. Parce que vous vivrez plus pleinement si vous savez les reconnaître.

C'est l'autre argument du livre: Il y a là-dedans plus d'histoire et de questionnement qu'on croit. Donc, ne soyez pas effrayé d'entendre le monde entier dans un morceau que vous aimez. C'est peut-être là où je suis le plus politique, sans pour autant avoir de programme. Il y a deux très beaux personnages dans votre livre: Michel Mourre qui est allé crier "Dieu est mort! Je n'ai jamais rencontré Lefebvre, mais je le respecte énormément.

C'est quelqu'un qui a suivi le siècle dans toute sa confusion. Il a commencé par graviter autour des surréalistes, il est passé au parti communiste français puis, sentant que dans cette bureaucratie ces idées ne passeraient pas, il a vécu une histoire d'amour avec Guy Debord et les situationnistes.

Enfin, et c'est ce qui me touche, dans son long livre-interview intitulé Le Temps du mépris , il s'est mis à parler de Dada, des situationnistes, avec la fureur qu'on a toujours utilisée dans cette tradition-là. En disant "Je ne me souviens plus de tout ça. Mais quand il s'exprime, on comprend qu'il faut lire exactement le contraire de ce qu'il dit.

Ce qu'il nous raconte en fait, c'est que lorsqu'on expérimente une telle éruption de négation, qui est aussi une éruption de désir, on est ruiné jusqu'à la fin de ses jours.

Par rapport à ces moments-là, le reste de votre existence ne sera plus jamais susceptible de vous satisfaire. Le plus beau musée, le concert le plus super, le meilleur résultat électoral qui soit vous laissera insatisfait. Quant à Michel Mourre, j'avais lu son aventure à Notre-Dame dans la première compilation de textes situationnistes parue en Angleterre. Mais tout était confus, personne n'était nommé. Puis j'ai lu Debord, qui en parle, et qui dit que cet homme criant dans la cathédrale Notre-Dame que Dieu est mort avait été important pour lui, bien qu'il n'y eût pas pris part.

J'ai voulu en savoir plus. Dans Combat, cette histoire a fait la une pendant deux semaines, avec des détails incroyables. Les surréalistes disaient que Michel Mourre était des leurs, qu'ils auraient fait la même chose s'ils en avaient eu le courage, l'idée ou tout simplement le temps! Puis à Berkeley, je suis tombé sur un livre intitulé La Jeunesse au demi-siècle qui parlait de Michel Mourre et de son livre, Contre le blasphème.

Je n'en croyais pas mes oreilles. J'ai mis la main dessus et c'est là que j'ai découvert cette incroyable histoire. J'ai certes voulu la raconter, mais j'ai voulu aussi montrer que des centaines d'années d'expérimentations, d'échecs, de souhaits et de questionnements du monde étaient condensées dans Anarchy in the UK , de même que des centaines d'années de persécutions, de refus et d'hérésies, de gestes d'avant-garde et de blagues dada étaient condensées ou se retrouvaient dans l'acte de Michel Mourre.

Je me moquais de savoir si les acteurs en étaient conscients ou pas. Le fait est que c'était arrivé. En fait, ils se ressemblent énormément. La personnalité de Rotten est très contrastée: J'ai lu une très intéressante interview de lui, que je crois signaler vaguement dans le livre. Rotten est interrogé par deux Born Again Christian. Ils lui disent "Ne croyez-vous pas avoir blasphémé dans vos chansons?

Mais tout de même: En France, vous êtes avant tout connu comme critique de rock, faisant partie de la génération dorée de Rolling Stone.

Comment êtes-vous entré dans le magazine de Jann Wenner? J'avais connu Jann lors de notre première année universitaire à Berkeley. Il avait commencé sa carrière de journaliste en collaborant à Sunday Ramparts , revue underground locale.

Lorsque le premier numéro de Rolling Stone est sorti, je l'ai tout de suite reconnu comme son journal.

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Les Bonzini tiennent le restaurant 'la Pataterie' dans une zone commerciale. Leur fils ainé, Not, est le plus vieux punk à chien d'Europe. Son frère, Jean Pierre, est vendeur dans un magasin de literie Le braquage d'une pharmacie par une bande de junkies en manque de drogue tourne mal: Condamnée à la prison à perpétuité, celle-ci fait bientôt la rencontre de Bob, un homme mystérieux qui contraint la jeune femme à travailler secrètement pour le gouvernement.

Le même jour, à trois cents kilomètres de distance, deux flics se voient confier deux affaires singulières. Le commissaire Pierre Niémans, homme d'expérience et ex-gloire de l'anti-gang, possède un instinct sans faille mais cache de douloureuses angoisses.

Il se rend à Guernon, une ville universitaire des Alpes, sur les lieux d'un meurtre avec mutilation. C'est un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Gloria et Frances se sont rencontrées dans les années Elles se sont aimées comme on s'aime à seize ans: Puis la vie les a séparées, et elles ont pris des chemins très différents. Vingt ans après, Frances revient chercher Gloria Date de reprise 13 avril - Version restaurée.

Leur voiture en panne, Janet et Brad se réfugient sous une pluie battante dans une mystérieuse maison. Ses occupants se livrent à de bien étranges expériences. Au lieu d'adhérer aux normes de leur ghetto de Los Angeles, un groupe de skaters mexicanos opte pour aller à Beverly Hills séduire les jeunes filles riches en s'attirant les foudres de leurs parents, de la police locale et de leurs petits amis Date de reprise 14 février - Version restaurée. La tragique histoire et l'amour fou et subversif de Sid Vicious, bassiste des Sex Pistols, et de Nancy, sa provocante groupie.

Prenons les trois figures qui ornent la couverture de l'édition française de Lipstick traces: On pourrait imaginer que ces trois-là se soient reconnus mutuellement, comme faisant partie de la même famille. Mais je ne le crois pas. Guy Debord aurait protesté que son travail n'a rien à voir avec Dada. Huelsenbeck, intéressé par le geste pur, ne se serait pas reconnu dans la scolastique de cette critique française.

Mais justement, c'est de ce refus de reconnaissance que naît cette tradition, c'est le fait qu'elle arrive en niant ce qui est arrivé avant et ce qui adviendra après qui constitue son originale beauté. Et ça, ça me paraît encore étrange aujourd'hui. Disons que je ne me suis toujours pas habitué à l'histoire que raconte ce livre. C'est une tâche difficile de raconter une histoire secrète. N'avez-vous jamais pensé que cette histoire était faite pour le rester? Non, parce que tous les gens dont je parle ont tout fait, vraiment tenté le diable, et ce de la façon la plus bruyante, brillante et attractive qui soit, pour que leur critique soit entendue.

La plupart ont échoué, ou bien n'ont réussi qu'un moment, vite enfui. Et sont ensuite retournés à l'obscurité. Même les situationnistes qui se sont tant appliqués à sembler hermétiques, à n'entrer en contact avec personne, ont dès le départ publié un journal rempli de leurs brillantes critiques et qui se voulait le plus vibrant possible. Un journal qui inviterait les gens à se dire "Oh! Je n'avais jamais lu d'écrits aussi engagés, où les auteurs prenaient autant de plaisir à formuler leur critique négative.

Ce n'était donc pas clandestin, au contraire, ils entendaient séduire. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils voulaient être célèbres.

Y compris Johnny Rotten. Moi, je le prends très au sérieux quand il dit que tout ce qu'il désire au monde, c'est détruire ce qui l'emmerde, ce qui le dégoûte, ce qui l'insulte.

Je pense que c'était son seul but, et je trouve personnellement qu'il l'a bien atteint. C'était vraiment difficile d'entrer en contact avec lui. Je lui ai écrit une fois, lorsque j'ai commencé ce livre. Un de mes amis a décidé un jour qu'il allait rencontrer Debord. Il avait travaillé avec moi sur l'exposition du Centre Pompidou consacrée aux situationnistes en Comme il parle parfaitement le français, il a hanté Paris jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui connaisse quelqu'un qui puisse l'introduire auprès de Debord.

Et très vite, il devint un ami intime de celui-ci. Il lui donna d'ailleurs un exemplaire de mon livre, ce qui fit que Debord, quelque temps après, m'adressa une lettre de commentaires. Mais, alors que je racontais cela à Michèle Bernstein, la première femme de Guy Debord, elle me dit "Dix-huit mois. Elle me répondit "Dans dix-huit mois, Guy ne parlera plus à votre ami. Pensez-vous que le fait que vous soyez américain vous ait aidé à opérer ce croisement entre punk et situ?

Je ne sais pas. Ce qui se passe, c'est que j'ai toujours écrit sur ce qui me parle, me fascine, ou bien m'irrite. En l'occurrence, je n'ai jamais fait de différence entre la manière dont les Sex Pistols, les dadaïstes ou les situationnistes m'intriguent.

Pour moi, c'est toujours la même question: Exiger autant du monde avec des armes aussi poétiques, voilà ce qui m'a fasciné. Renverser le monde avec un poème sans mots, avec une critique que le plus grand nombre ignorera, avec un disque qui fera ricaner, voilà ce qui m'intrigue.

J'ai passé neuf ans sur ce livre: J'ai mis trois ans à écrire la dernière partie, celle qui s'intitule justement Lipstick traces. Un jour, je n'en pouvais plus et j'ai dit à ma femme "Tu sais, je suis coincé à Paris en Votre but à l'origine n'était donc pas politique: Mon moteur était beaucoup plus simple que ça. Cinq années après la publication de Mystery train , je voulais récrire un autre livre. Le journalisme me frustrait. Donc je me suis dit "Ecris un livre à ce sujet.

Mon principal but est devenu d'essayer de comprendre et de suivre la tradition brisée d'un certain type de voix, de rage, d'honnêteté et de délices, qui prend différentes formes. C'est donc devenu une aventure intellectuelle dont j'espérais parvenir à faire une histoire assez cohérente pour plaire et intéresser. Mais ce n'était certainement pas pour promouvoir tel ou tel discours révolutionnaire.

Néanmoins, il y a quelque chose de cette nature quand j'explique qu'il se passe toujours plus de choses qu'il n'y paraît. Des surprises bouillent sous la surface. Et c'est quand les choses paraissent les plus calmes qu'on a le plus de chances de voir resurgir le désir. Ces moments sont rares et merveilleux. Ils apportent une nouvelle énergie dans la vie, si bien que lorsqu'ils apparaissent, faites attention à eux.

Parce que vous vivrez plus pleinement si vous savez les reconnaître. C'est l'autre argument du livre: Il y a là-dedans plus d'histoire et de questionnement qu'on croit. Donc, ne soyez pas effrayé d'entendre le monde entier dans un morceau que vous aimez. C'est peut-être là où je suis le plus politique, sans pour autant avoir de programme.

Il y a deux très beaux personnages dans votre livre: Michel Mourre qui est allé crier "Dieu est mort! Je n'ai jamais rencontré Lefebvre, mais je le respecte énormément. C'est quelqu'un qui a suivi le siècle dans toute sa confusion.

Il a commencé par graviter autour des surréalistes, il est passé au parti communiste français puis, sentant que dans cette bureaucratie ces idées ne passeraient pas, il a vécu une histoire d'amour avec Guy Debord et les situationnistes.

Enfin, et c'est ce qui me touche, dans son long livre-interview intitulé Le Temps du mépris , il s'est mis à parler de Dada, des situationnistes, avec la fureur qu'on a toujours utilisée dans cette tradition-là. En disant "Je ne me souviens plus de tout ça. Mais quand il s'exprime, on comprend qu'il faut lire exactement le contraire de ce qu'il dit. Ce qu'il nous raconte en fait, c'est que lorsqu'on expérimente une telle éruption de négation, qui est aussi une éruption de désir, on est ruiné jusqu'à la fin de ses jours.

Par rapport à ces moments-là, le reste de votre existence ne sera plus jamais susceptible de vous satisfaire. Le plus beau musée, le concert le plus super, le meilleur résultat électoral qui soit vous laissera insatisfait. Quant à Michel Mourre, j'avais lu son aventure à Notre-Dame dans la première compilation de textes situationnistes parue en Angleterre.

Mais tout était confus, personne n'était nommé. Puis j'ai lu Debord, qui en parle, et qui dit que cet homme criant dans la cathédrale Notre-Dame que Dieu est mort avait été important pour lui, bien qu'il n'y eût pas pris part. J'ai voulu en savoir plus. Dans Combat, cette histoire a fait la une pendant deux semaines, avec des détails incroyables.

Les surréalistes disaient que Michel Mourre était des leurs, qu'ils auraient fait la même chose s'ils en avaient eu le courage, l'idée ou tout simplement le temps!

Puis à Berkeley, je suis tombé sur un livre intitulé La Jeunesse au demi-siècle qui parlait de Michel Mourre et de son livre, Contre le blasphème. Je n'en croyais pas mes oreilles. J'ai mis la main dessus et c'est là que j'ai découvert cette incroyable histoire. J'ai certes voulu la raconter, mais j'ai voulu aussi montrer que des centaines d'années d'expérimentations, d'échecs, de souhaits et de questionnements du monde étaient condensées dans Anarchy in the UK , de même que des centaines d'années de persécutions, de refus et d'hérésies, de gestes d'avant-garde et de blagues dada étaient condensées ou se retrouvaient dans l'acte de Michel Mourre.

Je me moquais de savoir si les acteurs en étaient conscients ou pas. Le fait est que c'était arrivé. En fait, ils se ressemblent énormément. La personnalité de Rotten est très contrastée: J'ai lu une très intéressante interview de lui, que je crois signaler vaguement dans le livre. Rotten est interrogé par deux Born Again Christian. Ils lui disent "Ne croyez-vous pas avoir blasphémé dans vos chansons? Mais tout de même: En France, vous êtes avant tout connu comme critique de rock, faisant partie de la génération dorée de Rolling Stone.

Comment êtes-vous entré dans le magazine de Jann Wenner? J'avais connu Jann lors de notre première année universitaire à Berkeley. Il avait commencé sa carrière de journaliste en collaborant à Sunday Ramparts , revue underground locale. Lorsque le premier numéro de Rolling Stone est sorti, je l'ai tout de suite reconnu comme son journal.

Je suis devenu un lecteur régulier A cette époque, j'étais étudiant en troisième cycle et je m'ennuyais ferme. Le milieu universitaire était chiant: Un jour, j'ai acheté un disque: Je me suis senti floué. J'ai alors écrit la chronique que j'aurais aimé lire et je l'ai envoyée à Rolling Stone. Deux semaines après, elle était publiée! Et en plus, j'ai reçu un chèque de 10 dollars! Dans les semaines suivantes, j'ai commencé à me plaindre auprès de Jann, estimant que les chroniques de disques étaient mauvaises.

Les disques de rock étaient jaugés selon un point de vue folk: Jann m'a rétorqué, et c'était typique de sa part, "Puisque cette rubrique est si mauvaise, pourquoi ne la prends-tu pas en charge? Bref, je me suis rendu compte à ce moment-là que je ne serais jamais professeur, ce qui était ma vocation première. J'ai enseigné pendant une année et j'étais très mauvais, je n'avais aucune patience.

Par contre, j'avais suffisamment écrit pour me dire que je pouvais essayer d'en faire un métier. Et pendant les premières années de cette activité, je n'ai écrit que sur la musique. Puis j'ai écrit Mysterytrain , dans lequel j'ai mis tout ce que j'avais appris et aimé pendant mes études en le reliant à la musique qui m'avait passionné. Tout cela s'est fait selon un processus très naturel. En élevant le rock au rang d'une culture, en le rendant digne d'exégèse, n'avez-vous pas un peu détruit sa nature originelle, pulsionnelle, irrécupérable?

C'est un faux paradoxe. On ne pourra jamais rendre le rock respectable, il sera toujours vulgaire, vénal, issu de la rue et sujet à corruption. C'est ce qui fait son attrait, c'est de là que vient son énergie.

Et c'est pour ces raisons qu'après tant d'années le rock réserve encore tellement de surprises.


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